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Des nouvelles de Régis, volontaire Inigo en Uruguay

“Les aventures de Régis”

Voilà plus de 100 jours que je suis dans ce pays ! C’est une nouvelle occasion de donner des nouvelles et des anecdotes sur ce que je vis ici, avec mon regard “alsacien/français/européen/occidental”, chacun de ces éléments d’identité compte !

Mais d’abord comment je me sens ?

Je peux dire que je me sens de plus en plus intégré à la vie d’ici : je me suis familiarisé avec la langue, dans sa compréhension comme dans son incompréhension (je m’habitue à ne pas tout comprendre!), je comprends mieux les us et coutumes, je ne suis plus surpris toutes les 2 minutes par ce que je découvre un truc différent de ce que j’imaginais…

Par exemple, ici on fait beaucoup de blagues, et je me sentais régulièrement désarmé : désormais, je peux en faire à mon tour, ayant l’impression de jouer “à armes égales” avec ceux que je côtoie…

Mais cela veut surtout dire que je passe de l’étape “j’accompagne et je donne un coup de main” à

l’étape “je fais des propositions et je prends quelques responsabilités”. Désormais je connais mieux les

différentes personnalités que je côtoie, leurs interactions et les marges de manœuvre possibles. Ce qui n’empêche pas que l’imprévu reste le plus souvent la règle et me surprend encore…

Apporter aux autres ce que je peux

En dehors d’activités précises que je développe, comme le potager à l’école primaire, où j’apprends en

faisant, j’interviens en divers cours : en Histoire, pour apporter mon point de vue européen et découvrir par la même occasion le point de vue d’Amérique du Sud, mais aussi dans un cours appelé

formation chrétienne” qui aborde largement les questions de connaissance des religions et de la

laïcité (l’Uruguay connait une séparation Eglises-Etat depuis 1916!). J’ai pu intervenir pour parler de mon expérience inter-religieuse, de d’Islam et du Moyen Orient à un niveau simple bien évidemment.

“Mettre les mains dans le cambouis”

Je suis venu pour “Aimer et Servir”, et parfois cela prend un sens très concret. Si mes missions sont variées et sympa, nous sommes en contact avec des populations “en nécessité” alors pour vraiment aider, il faut accepter de faire ce qui ne donne pas envie au premier abord…

… Par exemple :

Chercher personnes qui n’ont pas de véhicule tôt le matin (à 4-5h)… Je l’ai fait plusieurs fois, et mes compagnons aussi ; comme on vit ensemble, eh bien le réveil de l’un devient le réveil des autres…

Évacuation des eaux usées : ici le temps est parfois “excessif” : quand il pleut, de grosses averses orageuses déversent des trombes d’eau qui transforment les rues en ruisseaux et inondent les terrains plats. Et récemment la maison d’une personne que nous connaissons a été inondée de remontées d’eaux usées. Eh bien nous avons mis en pratique cette noble cause, “servir”. Et je peux dire que quand tu as les pieds (avec des chaussures qui te servent tous les jours) qui pataugent dans cette eau qui sent la m….., tu te dis et répète que tu as accepté de quitter ton confort européen et que c’est ce genre de service qu’il faut accepter de faire si tu veux vraiment être utile aux autres. Lors du dernier orage, ma gorge s’est quand même un peu nouée en pensant que cette situation pouvait se reproduire. Mais heureusement pour tous, ce ne fut pas le cas…

Les limites de l’aide ?

Je demeure en zone limitrophe d’un “quartier humble” comme on dit ici. Il y a de la consommation de stupéfiants et des personnes en situation d’hyper-précarité qui viennent demander de l’argent -ce qu’on ne donne pas, mais il y a eu des ratés- et à manger, ce que l’on donne parfois. Mais voilà : lorsqu’on donne un peu, les personnes reviennent le lendemain avec des amis, puis le surlendemain d’autres connaissances vont venir… Il a fallu faire marche arrière. J’ai pu alors jouer “à celui qui ne comprend pas” pour refuser de l’aide à ces gens qui faisaient pitié à voir. Mettre des limites est une façon d’aider les gens je pense. Mais au quotidien, ça reste compliqué…

Pour continuer plus légèrement, quelques “premières places pour l’Uruguay”… ou quelques dispositions surprenantes

Petit pays de 3,7 millions d’habitants, il peut paraître “insignifiant” sur l’échiquier international et c’est le sentiment qui domine ici. Pourtant il se distingue par quelques aspects surprenants :

– En foot sport on ne peut plus important en Amérique latine : l’Uruguay fut le premier pays à organiser une coupe du monde, en 1930… Et il fut le premier à la gagner ! Il a nouveau gagné en 1950 donc 2 étoiles de ce type, mais les maillots d’ici en portent 4 car ils incluent les victoires aux JO avant que la coupe de monde n’existe.

– Côté “histoire et mémoire” une info a marqué mon attention : l’Uruguay est le premier pays du monde à avoir reconnu officiellement via vote de son Parlement, en 1965, le génocide arménien. J’ai eu l’occasion de l’apprendre à des élèves en intervenant sur la 1ère Guerre Mondiale. Le pays possède une petite communauté arménienne assez dynamique ce qui a peut-être aidé.

– Système politique : le président de la République ne peut pas être réélu ou du moins pas élu 2 fois de suite. Je n’ai jamais vu cela encore ailleurs même si cela existe certainement. Cela paraît

“moderne” même si je trouve la règle excessive, ils ont eu un président très apprécié qui du coup n’a pas pu renouveler son mandat. Dommage.

– Énergie renouvelable : 95% de son énergie vient de ressources renouvelables comme je l’avais déjà affirmé, avec une transition réalisée en une dizaine d’année et surtout, sans augmentation notable de prix pour le consommateur. Mais il n’est pas premier sur le continent, le Costa Rica faisant encore mieux…

Je me rends compte que j’ai pas mal écrit une fois de plus! Et pourtant, j’en ai encore “sous la pédale” pour une prochaine newsletter. Il faudra attendre décembre cette fois ! D’ici-là portez-vous bien, où que vous soyez, je pense à vous!

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