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George, volontaire Inigo dans la jungle amazonienne

Lorsque l’on m’a proposé cette mission en Amazonie, ma réaction a été de ne pas croire être à la hauteur d’un tel exploit. Les animaux de la jungle, les insectes immenses, les scorpions et les serpents venimeux, les araignées et les tarentules, les chauves souris et les rats, les moustiques ou les fortes pluies : tout ça ne me faisait pas du tout envie !

Ma vie dans la jungle amazonienne

Une fois sur place, à ma grande surprise, j’ai découvert que mon lieu de mission était en fait une toute petite ville dans la jungle, avec des restaurants, des boutiques, des écoles, des terrains de foot (en béton), et même un parc. La ville est entourée du plus grand affluent de l’Amazone, le Marañon, et de la rivière Nieva, ce qui fait que les gens se déplacent beaucoup en bateaux, qu’on appelle ici “péké-péké”. Les indigènes Awajun et Wampis qui y vivent sont très gentils. Le cadre naturel est magnifique, tout est d’une beauté extrême. 

Je vis dans une maison avec 2 autres volontaires espagnols. J’ai eu de la chance, car mes nouveaux collègues et amis jésuites, ainsi que les volontaires sont vachement sympa. Bon, la maison n’a pas de fenêtres, seulement une moustiquaire et on la partage avec des chauves souris, lézards, araignées, grenouilles et rats. Comme dans la jungle..

Au début mon travail a été dans une radio locale, où j’ai pu apprendre à utiliser les logiciels d’édition du son et j’ai assez vite appris un espagnol suffisant pour pouvoir tenir ma propre émission à la radio. J’ai une heure tous les jours pour “Noticias y música del mundo”, ainsi qu’une heure tous les samedi pour ma petite “Hora rumana”, car il faut pas oublier que je suis roumain et j’adore la musique de mon pays. Les indigènes ici ont du s’y faire aussi.

En février mon expérience s’est enrichie avec une nouvelle mission, dans une bibliothèque pour enfants. Du lundi au vendredi, pendant 2 heures dans l’après-midi, les enfants viennent pour faire leurs devoirs, pour jouer ou lire des livres. On a du limiter le nombre des enfants à 30, car l’espace ne permet pas d’accueillir plus, mais aussi parce que ce n’est pas facile de travailler avec trop d’enfants ! Certains jours il y a 40 enfants, pour 2 éducateurs/surveillants. Apparemment le fait que les éducateurs soient des gringos (le terme qu’on utilise ici pour désigner les blancs) les étonne beaucoup. Les enfants ont beaucoup de respect pour les personnes plus âgées. Ils sont fascinés par le fait qu’on a pris l’avion pour venir travailler dans leur jungle. Les questions les plus insolites leur vient à l’esprit, et il faut répondre car sinon ils reviennent à la charge encore plus curieux. 

Avec le début du nouvel an scolaire, à partir d’avril, j’ai commencé à enseigner l’anglais et l’informatique dans l’Institut technologique Fé y Alegría 74. Cette institution publique, qui correspond un peu à un lycée professionnel en France, est gérée par 4 soeurs très sympathiques qui ont sollicité mon aide car l’ancien volontaire portugais qui proposait ces cours est rentré dans son pays fin décembre. Les élèves ont entre 17 et 20 ans en moyenne. Tout un challenge pour moi car à côté de l’anglais et l’informatique, les soeurs m’ont donné aussi le cours d’Éthique et celui d’Éducation physique… Cela veut dire que je dois bien me préparer. 

Finalement j’ai presque complètement oublié les serpents venimeux de mon jardin, ou les chauves souris et les araignées de ma chambre, je me suis habitué aux rats dans la cuisine, ou aux piqûres de moustiques. J’ai aussi laisser tomber les frustrations liées au travail, à la société locale, aux caprice du climat.  

Je vis mon volontariat comme une opportunité extraordinaire et je remercie Dieu de m’avoir envoyé ici. J’apprends énormément et je reçois plus que je ne donne. Les indigènes n’ont peut être pas beaucoup de ressources matérielles, ils mènent une vie très simple, en communion avec la nature, avec cette jungle qui leur a enseigné comment survivre pendant des milliers d’années. Leur richesse est vraiment spirituelle, leur philosophie de vie c’est la nature, c’est Ajutap/Dieu, et le respect. 
 
Je n’aurais jamais pu imaginer qu’un jour je vivrais dans la jungle d’Amazonie, que j’aurais ma propre émission à la radio (en espagnol), que j’enseignerais l’anglais, l’éthique ou l’informatique à des jeunes du lycée, ou que travaillerais avec des enfants à qui je raconterais l’histoire de Dracula et de mon pays. Mais tous ces rêves sont devenus réalité grâce à mon souhait et choix de m’engager en tant que volontaire, et à Inigo qui m’a offert cette chance. S’il y a des gens qui lisent cette histoire et qui aimeraient faire un volontariat, mais qui doutent encore, je ne leur dis que ça : foncez les amis ! N’ayez pas peur de faire ce pas, prendre cet engagement, c’est une chance destinée à peu. Merci à tous ceux qui ont lu ce récit, un grand merci à Inigo et à la DCC. 

 
George

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